Et sonnent les cloches

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Parc des Pics d’Europe, Mont Urriellu

Cet épisode date un peu il faut dire, on remonte un peu dans le temps et on se retrouve fin juillet en 2012, le décors est majestueux, nous sommes dans le Parc Des Pics d’Europe qui, lui, se situe dans les Asturies, soit dans le nord de l’Espagne.  Nombreux sont les sentiers qui s’y trouvent, pour notre part, nous logions dans le pittoresque village de Poo de Cabrales qui se trouve à moins de 10km du village Poncebos, point de départ de nombre d’entre eux.

En cette seconde journée dans cette merveilleuse région, nous avons opté pour nous rendre au mont Urriellu après que notre charmante hôtesse, non sans peine, soit parvenue à nous faire comprendre qu’il s’agit d’une destination très prisée.  La veille nous avions parcouru le Senda del Cares, super chouette et d’une impressionnante beauté or côté effort physique, je suis resté sur mon appétit, le dénivelé étant minime.

Je reviendrai sur la rando à proprement parler, rando qui fut vraiment à la hauteur des attentes, tellement qu’on avait des regrets de devoir partir pour Bilbao le lendemain, pour sûr je vais retourner dans cette région et ce sera pour une bonne semaine minimum.  Or, ce coup-ci, je voulais tout simplement partager ce moment magique.  À peine quelques minutes après avoir débuter notre marche sur le Pandébano Ref. Vega Urriellu, nous entendons quelques cloches, leur son distinctif nous indique que nous approchons d’un pâturage à vaches.  Voilà maintenant que nous sommes en mesure d’apercevoir quelques vaches ici et là; plutôt joli comme scène.  Nous poursuivons notre marche et alors qu’on gravit une longue pente, les sons s’amplifient et c’est assez chaotique tellement il y a de cloches.  Arrivés au sommet, on a droit à spectacle-concert à la fois unique et superbe:

Concert de cloches à vache

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Blanc cristaux et bleu azur

  Le mercure indiquait près de -20C, j’avais entendu à la radio qu’une vague de haute pression s’était installée.  Je ne connais vraiment pas grand chose à la météorologie mais s’il est un truc que j’ai retenu des nombreux rapports entendus au fil des ans c’est que haute pression égale ciel bleu.  Si on ajoute à ça le fait que de beaux flocons étaient récemment descendus de ce même ciel, on pouvait aisément prédire un beau spectacle à quiconque oserait braver le froid.  

     


  Ainsi donc, en ce 31 décembre 2013, ma copine et moi  avons opté pour une petite sortie au Mont St-Hilaire avant de célébrer l’arrivée du nouvel an; quelle heureuse décision, les conditions étaient excellentes d’autant plus que les sentiers étaient quasi déserts et que dire de la beauté des,lieux ?  Du genre à faire oublier, pour quelques précieux instants du moins, toutes ces choses pas très jojo sur qui font la Une des journaux.  

  Ce qui est chouette est St-Hilaire c’est que, dans un temps premier, c’est tout près de Montreal, plutôt pratique lorsque l’on ressens l’envie d’un bon bol d’air frais assorti d’un petit défi sportif mais que le temps se fait court.  Oh, bien sûr il y a évidemment le Mont-Royal, nombre de fois me suis-je rendu au belvédère en joggant la vue qui s’offre à nos yeux est, selon moi, plutôt ordinaire voire décevante.  J’aime bien St-Bruno mais c’est soit pour le jogging ou sinon pour une petite marche tranquille qui appelle au recueillement.  Ainsi donc à défaut d’avoir le temps de faire me rendre dans les White Mountains ou les Adirondacks c’est souvent au Mont St-Hilaire que j’aboutis.  

   

  

     

 


Loon Mountain Race

  

  Depuis quelques années la course à pied à beaucoup évoluée.  Évolution dans le sens où il existe maintenant de très nombreuses catégories outre le jogging standard.  Il y a bien sûr les triathlons et là encore plusieurs décantations sont disponibles: sprint, olympique ainsi que les prestigieux Iron Man.  

  Il y a aussi les ultra marathons où les <del>fous</del> gens parcourent plus de cent voire plusieurs centaines de km en une seule épreuve.  Une autre forme en forte progression sont les courses à obstacles telles les populaires séries Spartan  Races ou Tough Mudder.  Je me sens interpellé par ces dernières or ayant sectionné le ligament croisé-antérieur (ACL) de mon genou droit il y a quelques années, le port d’une orthèse est désormais une obligation.  Je m’imagine mal ramper sous des barbelés ou encore progresser dans une mare de boue muni d’un tel appareil, déjà que je ne le porte pas pour courir par que sans cesse je dois le replacer afin qu’il n’entre pas en contact avec ma rotule (ce qui est particulièrement douloureux à la longue).  
  Ainsi donc j’ai accepté de participer à un autre type de course fort en vogue qui gagne de nombreux nouveaux adeptes d’année en année. Je me suis inscris pour un événement de trail-running; le <a href= »http://www.acidoticracing.com/events/view_event.php?ID=8#.VKrUoYFOKrU »>Loon MountainRace.</a>.   Le dénivelé est de 921m (3 024´) sur 11,18 km (6.95 mi), soit une moyenne de 10% dont le point culminant – certains dont moi-même diraient « dément » –  est l’ascension de la Upper Walking Boss, une black diamond.  La descende d’une pente à 40% alors que l’on est sur des skis est un défi enivrant, la montée de cette même pente à pied alors qu’on a déjà parcouru plus de 9km ressemble davantage à une torture.
  
  Bref un temps – horrible – 01:43:38 – mon copain m’a battu par un peu plus de 11min, à un point tel mes amis me croyaient blessé, eh bien non, seulement que l’orgueil.   Peu importe, ce fut une très belle expérience dans un superbe décor.  Voilà quelque chose que je désire recommencer, ne me reste qu’à mieux my préparer 😉

 

La difficile montée de la Upper Walking Boss

  

Yeah !


Iditarod Trail Invitational

  Grâce à Sports Illustrated je suis tombé sur un article où il était question d’une folle aventure, il s’agit de la course Iditarod Trail Invitational.  Cette course annuelle a lieu en Alaska, les participants doivent parcourir les 1 060 milles (oui oui, 1 706 km) à pieds, en vélo ou encore en ski (de fond si précision est nécessaire), bref  de la pure folie.

  Ainsi donc les athlètes doivent franchir la distance qui sépare Anchorage et Nome de façon autonomes, de plus le parcours n’est pourvu que de trois « drop spots », en somme il faut être fait fort pas à peu près et il serait suicidaire que de s’y aventurer sans une – très – rigoureuse préparation.

  De tous les aspects inhérents à ce type de défi celui qui m’intéresse le plus est cette préparation.  Comment s’y prend-t-on pour se présenter sur la ligne de départ pour un tel événement et ne pas craindre pour sa vie, ou tout simplement pour être en mesure de demeurer « dans la course ».

  RJ Sauer, un gars de Vancouver a couvert l’événement en 2001, il en a tiré un intéressant documentaire intitulé A Thin While Line.  Il a suivi plusieurs participants de la ligne de départ jusqu’à la toute fin où seulement quatre hommes sont parvenus à franchir la ligne d’arrivée.  Certains d’entre vous pourraient être tentés de dire que quatre c’est très peu, à cela je répondrai que c’est tout de même quatre de plus que l’édition 2013…

  La préparation donc, c’est carrément un régime militaire dont il est question ici, c’est élémentaire voire incontournable afin de survivre à des températures allant de -10° à -40°C, le tout parsemé de forte rafale de vent, de chute de neige et tutti quanti.  La dépense calorifique quotidienne est estimée à 10 000 cal o_O  Certains participants vont même jusqu’à manger des barres de beurre.  Le vainqueur, si vainqueur il y a, ne pourra crier victoire qu’après plus de vingt jours d’incroyables efforts.  Ils seront 22 à s’élancer le 23 février prochain (33 pour le volet de 350 milles (563 km)).  Alors donc après avoir réalisé A Thin White Line RJ Sauer a décidé de tenter le coup, il sera du départ.  Grâce à son excellent blog – Monolog | an expression of exploration – on peut suivre tous les efforts et énergies qu’il consacre afin d’être prêt pour ce qui apparaît être une douce folie.  On lui souhaite bonne chance et on le remercie de partager son expérience avec nous tous.

Iditarod Trail Invitational | Détails et faits.

Iditarod Trail Invitational | Détails et faits.


Iditarod Trail Invitational | Parcours

Iditarod Trail Invitational | Parcours


Dilemme

Que faire ?

Patch Dix Mountain achetée chez The Mountaineer à Keene Valley

  Samedi, 2 nov 2013, il est un peu plus de 08h et je viens à peine de passer les lignes.  « Pls. pull-over on the right side sir, you’ve been ramdomly selected for a verification, it shouldn’t be too long, you won’t loose too much time ».  Argh, déjà que j’avais quitté le doux confort de mon foyer avec près d’une heure de retard.   Quelques détours plus tard il est finalement passé 10h alors que je foule le sentier qui mène au mont Dix, voyons voir jusqu’où je serai en mesure de me rendre, une chose est certaine, je ne veux pas redescendre dans la noirceur.

Début du sentier qui mène au 6ième sommet des High Peaks.

Début du sentier qui mène au 6ième sommet des High Peaks.

Je presse donc le pas, je tente le coup, je désire voir le panorama qu’offre cette montagne et ce malgré la pluie qui est de la partie et ce depuis mes tous premiers pas, aussi ce serait vachement chouette d’inscrire Dix Mountain à ma liste qui comprend déjà plusieurs sommets des High Peaks dont quatre des cinq qui dépassent (en altitude) les 5 857′ (1 785m) que fait ce mont qui domine la vallée.

Mon rythme est rapide, le sentier est très plat, j’ai eu beau analyser la carte topographique avant mon départ or je demeure surpris du peu de dénivellation et j’en suis assez heureux.  Je progresse donc rapidement et je croise un lean-to situé tout juste à côté d’une rivière dont le niveau d’eau est assez haut merci.  Il me faut peu de temps pour réaliser que je devrai me mouiller les pieds pour atteindre l’autre rive, il y a bien quelques pierres qui sont peu recouvertes d’eau mais ces dernières sont beaucoup trop éloignées les unes des autres pour que je puisse m’imaginer être en mesure de sauter d’une à l’autre.

Vue de la rivière lors du chemin de retour: le courant est fort et le niveau d'eau est élevé, bref deux bons ingrédients pour se mouiller les pieds.

Vue de la rivière lors du chemin de retour: le courant est fort et le niveau d’eau est élevé, bref deux bons ingrédients pour se mouiller les pieds.

  Je m’en tire assez bien mais je prends en note que l’achat de guêtres serait judicieux pour de prochains hikes. Maintenant que je suis de l’autre côté mes mollets sont finalement mis à contribution.  Je marche maintenant dans un ruisseau quasi desséché  et ça monte enfin.  Je croise un couple qui descend, je les salut en français ce qui surprend la dame, or nul mystère ici, j’ai vu leur noms alors que j’ai signé le registre à l’entrée du sentier 😉  Ils ont fait demi-tour car, disent-ils, le sentier est mal balisé et ils craignent de ne pouvoir être en mesure d’atteindre le sommet avant la tombée de la nuit, tiens tiens tiens…  Je poursuis ma route après un bref échange avec eux, je constate les difficultés dont ils m’ont fait part or lorsque les marqueurs se font rares il ne suffit que de continuer de marcher dans le ruisseau et on aperçoit éventuellement un « spot » bleu sur un arbre.  J’arrive finalement dans une clairière et constate qu’il me faudra encore beaucoup de temps pour atteindre mon objectif, il est près de 14h, je décide donc de faire marche arrière (avec regret) cependant il me faut un nouveau défi afin de mitiger cet échec et je décide donc qu’il serait vachement chouette de rattraper mes compatriotes et d’arriver au stationnement avant eux.

Haut et sombre Mont Dix, voici de quelle façon ce dernier s'est présenté à moi en cette pluvieuse journée.

Haut et sombre Mont Dix, voici de quelle façon ce dernier s’est présenté à moi en cette pluvieuse journée.


Ce rocher fait environ deux mètres de haut, la force qui l'a scindé en deux impose un grand respect pour mère nature (ou est-ce que Bruce Lee s'est jadis aventuré sur ce sentier ?).

Ce rocher fait environ deux mètres de haut, la force qui l’a scindé en deux impose un grand respect pour mère nature (ou est-ce que Bruce Lee s’est jadis aventuré sur ce sentier ?).

 

 

 

 

 

 

Autre vue typique de ce merveilleux endroit qu'est les Adirondacks.  Les sentiers sont terreux et croise constamment des ruisseaux et des rivières.  Si on ne les voit pas alors on entend le doux son de l'eau qui descend vers la vallée.

Autre vue typique de ce merveilleux endroit qu’est les Adirondacks. Les sentiers sont terreux et croisent constamment des ruisseaux et des rivières. Si on ne les voit pas alors on entend le doux son de l’eau qui descend vers la vallée.


Typique des Adirondacks, de petits ponts ici et là faits de troncs d'arbre.

Typique des Adirondacks, de petits ponts ici et là faits de troncs d’arbre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  C’est donc en vitesse grand V que j’entame la descente, dès que le terrain n’est pas trop accidenté je cours, toutefois avec toute cette foutue de pluie les pierres et les racines sont très glissantes et je dois redoubler de vigilance bien que je suis prêt à prendre plusieurs risques afin d’atteindre mon objectif.    La faim commence à faire sentir sa présence, il y a longtemps que j’ai terminé mon gorp, ce dernier était aussi bon que nutritif et ce même si j’ai dû me résoudre à y ajouter des Smarties n’ayant été en mesure de trouver des Reese’s pieces.  Le ventre vide mais néanmoins bien déterminé à rattraper ceux qui longtemps avant moi ont entrepris le chemin du retour, toutes les victuailles qui sont enfouies dans mon sac seront ma récompense alors que je retrouverai le doux confort de ma voiture.

Voilà maintenant que j’entends des voix, Yes !  Je rejoins les deux fuyards et nous marchons ensemble pendant près d’un km (politesse oblige) puis l’homme doit faire une pause afin de se soulager, je poursuis ma route toujours devancé par sa copine.  Dès que le sentier s’élargit un tout petit peu j’y vois l’opportunité que j’attendais et j’enfonce l’accélérateur, bien sûr je ne me mets pas à courir, j’ai quand même de la classe, cependant je presse le pas et ce n’est pas long qu’elle se retrouve hors de vue; c’est à ce moment que je me remets à courir 😉

Une fois dans la voiture, avant même la première bouchée de mon délicieux sandwich je remarque l’écusson acheté plus tôt dans la journée <Dix Mountain – Elevation 4857′>.  Que faire ?  Puis-je trimballer un sac sur lequel est apposé une patch dont je n’ai pas foulé le sommet ?  


21,0975 ø Musique

  C’est long 21,0975 km et c’est encore nettement plus long lorsqu’on parcourt cette distance sans musique.  En fait ça prend 1:49:01

  Les astres n’étaient vraiment pas alignés pour faire de cette course un succès, d’un point de vue personnel je veux dire.  Dans un temps premier je n’avais que trois sorties à mon actif depuis le marathon qui avait eu lieu un mois auparavant.  Trois sorties et aucune excuse…

Puis j’eus la brillante idée d’enfiler de nouvelles chaussures quelques jours à peine avant le départ.  Résultat, méga ampoules sur les deux talons, dont celle de droite qui a éclaté avec peau arrachée en prime.  

  Évidemment le tout ne serait complet sans compter sur le fait que j’ai oublié mes écouteurs à la maison…  Bon nulle panique, suffit de faire un arrêt dans un dep afin de me procurer un modèle el cheapo car courir sans musique ça peut aller mais sans mes « cues » aux cinq minutes ?  Non non non, ça ne va pas, comment vais-je faire pour savoir quel est mon rythme ?  Qu’en est-il de mon désir (bon, on oublie pour deux secondes que je n’ai couru que trois fois en un mois) de faire moins de 1h40m ?

L’arrêt au dépanneur n’était qu’un détail, je m’achèterais des écouteurs ainsi que quelques gels ou un trucs du genre.  Ah oui, j’ai omis de dire que j’avais aussi oublié mes bouteilles de même que mes gels à Montréal :-$  Décidément…

La route devait être qu’une simple formalité or peu après notre départ de chez nos hôtes nous nous retrouvons en face d’un pont dont l’accès est barré.  Nous fûmes donc forcés de faire un long détour et donc bye bye écouteur et victuailles, direction ligne de départ au P.C.

Plus que quelques mètres et c'en est terminé pour vrai.  Mais où est-elle cette foutue de ligne ?!?

Plus que quelques mètres et c’en est terminé pour vrai. Mais où est-elle cette foutue de ligne ?!?

Ça achève, il reste alors moins de 2 km...

   Ça achève, il reste alors moins de 2 km… 

 

 


Nouveaux Souliers

Que je suis intelligent, j’ai eu l’idée lumineuse de casser mes nouvelles bottines Rudsak quelques jours à peine avant un demi-marathon

Bravo mon champion, maintenant voyons voir comment tu seras en mesure de courir avec de mégas ampoules aux talons…

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